REVUE DE PRESSE DU 23/05/2007

 

LA TRIBUNE

 

Affirmant qu’un pôle démocrate ne se construit pas autour d’une élection

Le MDS accule les démocrates candidats aux législatives

 

Par Ghada Hamrouche

M. Ahmed Meliani, secrétaire général du Mouvement démocratique et social, aile qui a appelé au boycott des législatives du 17 mai, n’a pas été clément envers les démocrates qui ont participé au scrutin. «Ils faut qu’ils soient comptables des déclarations faites durant la campagne.» Faisant l’analyse des résultats et du taux d’abstention des dernières élections, lors d’une conférence de presse animée hier au siège de son parti, M. Meliani n’hésitera pas à acculer les démocrates en les invitant à avoir le courage de faire leur véritable autocritique. «On ne peut pas se prévaloir du camp démocrate d’un côté et accepter, de l’autre, de cautionner des élections dont les résultats étaient connus d’avance.» Le secrétaire général du MDS expliquera, dans ce même sillage, que «la société, riche de ses expériences, ne les identifie plus comme démocrates mais plutôt comme clientèle inscrite dans une logique rentière. Les partis démocrates payent le prix de l’absence de l’autonomie» et de s’interroger : «Auront-ils le courage de reconnaître qu’ils se sont trompés une fois de plus ?» Revenant sur le taux d’abstention qu’il situera autour de 80%, M. Meliani affirmera que les partis qui ont appelé au boycott, notamment le MDS et le FFS, n’ont fait que suivre la tendance générale de la société qui se profilait d’un scrutin à un autre. «L’abstention et les résultats sont un désaveu total de la classe politique et de la politique menée par le pouvoir», soutiendra le conférencier avant de souligner que «ces élections sont un véritable séisme prouvant l’obsolescence de la classe politique et pose l’urgence d’une nouvelle alternative». M. Meliani dira que les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel ne font que confirmer le maintien de la majorité islamo-conservatrice véhiculant un discours classique autour des questions de souveraineté, de réconciliation nationale et de patriotisme. Un discours en crise qui ne «fait plus recette, dans une société riche de ses expériences, et qui ne saurait tenir sans le soutien des appareils». M. Meliani fustigera «le verrouillage médiatique et politique et la répression de toutes les libertés». Une démarche qui ne peut présager que «d’une implosion sociale si elle continuait à être privilégiée». Malgré cet état des lieux, M. Meliani affirme que «les conditions objectives de la naissance de la deuxième république sont réunies alors que les conditions subjectives tardent à être rassemblées». D’où la nécessité de construire «un vrai camp démocratique autour des valeurs de liberté et de démocratie. Un combat de tous les jours et non une alliance circonstancielle autour d’un scrutin donné». «Une tâche difficile que nous n’accomplirons pas seuls mais avec le concours de toutes les forces démocratiques.» M. Meliani conclura sur la situation ou la crise propre au MDS : «Sans la complicité de l’administration, le parti ne serait pas dans cette situation. En tout état de cause, l’image du parti a été ternie et nous sommes en phase de mûrir une réflexion sur son devenir et les meilleurs moyens de dépasser cette situation.»     G. H

 

LE JEUNE INDEPENDANT

MDS :
Les partisans du boycott veulent l’invalidation des résultats des législatives
par Nassima Oulebsir

Le Mouvement démocratique et social (MDS), aile Ahmed Meliani, ayant boycotté les élections de 17 mai, demande l’invalidation des résultats du vote. Lors de la conférence de presse qu’il a animée hier à Alger, Ahmed Meliani a estimé que les résultats de ces élections reflètent la crise politique dans laquelle notre pays est plongée ainsi que l’impasse du discours islamo-conservateur.

Le conférencier qualifie ces résultats de deuxième séisme après celui du référendum de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Ces mêmes résultats, avec un taux de participation de 35,65 %, prouvent également, de l’avis de ce dernier, que l’Algérie vit une véritable crise de représentativité démocratique.

Il a affiché d’ailleurs sa volonté de créer un véritable pôle démocratique. Est-il réalisable alors que plusieurs tentatives ont échoué par le passé ? Pour M. Meliani, la tâche n’est pas facile mais le MDS se dit capable de relever ce défi.

«Avec les militants démocrates, nous allons construire une alternative pour sortir du piège organique», a affirmé le conférencier. Il explique que l’échec des années passées est dû au fait que toutes les initiatives étaient rattachées arbitrairement aux élections électorales.

«Si on empêche aujourd’hui le changement, a-t-il dit, ce n’est pas parce que la société ne le veut pas, mais c’est parce que le pouvoir et la classe politique le freinent et l’empêchent de se réaliser». Les conditions objectives sont, d’après lui, réunies pour construire une deuxième république mais ce sont les conditions organisationnelles qui font défaut.

 

LE SOIR D ALGERIE

LE MDS ANALYSE LE BOYCOTT DES LEGISLATIVES DU 17 MAI
"Un séisme politique qui pose l'urgence d'une alternative"

La direction du Mouvement démocratique et social (aile d’Ahmed Meliani) estime que l’échec des élections législatives constitue un désaveu pour les partis “islamo-conservateurs”. Le MDS prône la constitution d’un “pôle démocratique” qui rassemblerait des personnalités et des formations démocratiques.
Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - “Le fort taux d’abstention et les résultats enregistrés lors de ces législatives sont un désaveu total de la classe politique et de la politique menée par le pouvoir. C’est un séisme politique qui pose l’urgence d’une alternative”, a déclaré le secrétaire général du MDS qui animait, hier, une conférence de presse au siège de ce parti. Ahmed Meliani, représentant de l’aile majoritaire au sein du MDS, a tenu à indiquer que son parti a appelé au boycott dès l’annonce officielle du scrutin. “Le Front des forces socialistes (FFS) et le Comité des citoyens pour la défense de la République (CCDR) en ont fait autant. Par contre, les islamistes ont pris le train en cours”, dira-t-il. De ce fait, Meliani estime que le discours du MDS a encouragé le boycott. “La société s’est rendu compte que plus on vote moins ça change. Cette réaction des citoyens démontre l’impasse du pouvoir et du discours des partis islamo- conservateurs. Elle prouve aussi que le discours basé sur le nationalisme étroit ne rapporte plus.” Selon lui, les “partis participationnistes” ont été identifiés par la société comme “des formations qui cherchaient à se positionner”. “Nous avons même appris que certains partis se préparent à faire leur entrée au gouvernement.” Ahmed Meliani a par ailleurs dénoncé “l’usurpation du signe du MDS” en faisant allusion à la participation aux législatives de l’aile de Hocine Ali qui s’est engagé aux côtés de l’ANR et l’UDR. “On ne saurait se taire sur cette confiscation car le sigle du MDS a été terni. Nous sommes en train de réfléchir à ces dépassements. Nous devons savoir pourquoi nous en sommes arrivés là, pourquoi il y a eu cette tendance à pervertir le discours du MDS après le décès d’El Hachemi Chérif. Cette réflexion se fera avec tous les militants, nous devons sortir de ce piège organique”, a expliqué Ahmed Meliani. D’après lui, l’unique député qui a été élu sur une liste du MDS à Mascara n’est pas un militant du parti. Considérant que “les conditions objectives sont réunies”, Ahmed Meliani a appelé, hier, à la constitution “d’un pôle démocratique afin de construire la 2e république”. “Nous devons agir ensemble pour construire un pôle autour des libertés et des valeurs démocratiques. Ce rassemblement ne sera pas forcément constitué de sigles, car les sigles se sont discrédités, mais réunira également des personnalités. Ce pôle ne doit pas avoir pour unique objectif les élections, mais servira le combat démocratique de tous les jours.”T. H.

L HORIZON

AHMED MELIANI, MDS

«L’abstention est le résultat

de l’obsolescence de la classe politique»

 

Le secrétaire général du Mouvement démocratique et social, Ahmed Meliani, est longuement revenu sur les résultats des élections législatives de jeudi dernier. Le conférencier estime que le taux d’abstention dénote la prise de conscience de la population, mais aussi, et surtout, l’obsolescence de la classe politique. Celle-ci, insistera-t-il, devrait être refondue, si l’on veut éviter aux Algériens de revivre les mêmes drames qui ont eu lieu durant la décennie rouge. L’Algérie, aux yeux de Ahmed Meliani, est grosse d’une alternative démocratique. Les partis islamo-conservateurs n’ont pas trouvé grâce aux yeux de M. Meliani, ceux de la mouvance démocratique n’ont pas été épargnés pour autant. " Les formations politiques démocratiques sont aussi responsables de la débâcle du 17 mai", indiquera-t-il. Par ailleurs, et sans avoir "l’esprit hégémonique", le Mouvement démocratique et social revendique, selon son secrétaire général, une part de cette prise de conscience dont a fait preuve la population le jour du scrutin. Pour que soient jetés les premiers jalons d’une alternative démocratique digne de ce nom, le MDS compte agir avec l’ensemble des personnalités politiques saines de la nation. Cette démarche, tient à rappeler la même voix, doit être construite autour des valeurs démocratiques et sociales et non autour des échéances électorales. Néanmoins, le pôle démocratique doit avoir les coudées franches.

"Les conditions d’une telle initiative sont réunies, il suffit de seulement transcender la subjectivité des uns et des autres", précisera Ahmed Meliani. Les dissidents du MDS, conduits par Ali Hocine, ont été, eux aussi, sévèrement critiqués par le conférencier. "On se demande pourquoi nos ex-camarades ont parlé tout au long de la campagne électorale au nom du mouvement alors qu’ils en sont exclus. Nous n’allons pas nous taire", tonnera Ahmed Meliani, en déclarant que 95% des listes présentées au nom du MDS sont étrangères au parti et/ou font suite à des parrainages douteux. Enfin, il dira que la donne socio-démographique ayant changé, l’islamisme n’a plus l’emprise sur la société qui s’affranchit de plus en plus. Djamel Oukali.

 

EL WATAN

L’abstention est un séisme politique, selon Meliani (MDS)

 

Le MDS, aile Ahmed Meliani, semble être conforté par le fort taux d’abstention enregistré lors des législatives de jeudi dernier. « Le MDS revendique une part de cette prise de conscience de la population.

Nous estimons aujourd’hui que nos analyses sont en phase avec la société », déclare Ahmed Meliani. Le résultat de ce scrutin traduit, selon lui, « l’impasse du pouvoir et la déchéance de la classe politique ». Qualifiant le résultat de l’élection « de séisme politique », l’orateur estime qu’il y a désormais « une crise de représentation démocratique dans le pays ». Une crise qui, souligne-t-il, « avait commencé à l’occasion du référendum sur la charte pour la paix et la réconciliation nationale de septembre 2005 ». Devant cette situation, Ahmed Meliani appelle à l’invalidation des résultats de ces élections, d’autant que la nouvelle assemblée souffre, d’ores et déjà, « de manque de légitimité ». Le désintérêt pour l’acte électoral affiché par les Algériens est la conséquence, soutient-il, « du verrouillage du champ d’expression libre » et « le discours mensonger du pouvoir ». « Aujourd’hui, le discours islamo-conservateur est en plein déclin. Il ne mobilise plus les foules », explique-t-il lors d’une conférence de presse animée hier à Alger. Dans la foulée, il appelle à la mise en place d’un pôle démocratique qui sera en mesure de canaliser cette prise de conscience citoyenne. Les conditions objectives permettant de créer l’alternative démocratique sont, précise-t-il, réunies et résident, selon lui, dans « le recul de l’islamisme et du nationalisme éculé ». Le nouveau pôle démocratique auquel appelle le MDS de Meliani devra être à l’écoute de la société et de ses aspirations. « Je sais que c’est une tâche difficile, mais réalisable à long terme », a-t-il martelé en critiquant ce qu’il appelle « les partis démocratiques participationnistes ». « Le sens politique du MDS est de contribuer avec les autres partis à réunir les conditions objectives permettant de provoquer le changement tant attendu par la société », explique-t-il. Commentant le score obtenu par l’aile Hocine Ali lors de ces législatives, l’interlocuteur juge que « la participation aux législatives de ses rivaux a terni l’image du MDS ». « L’image du parti a été soignée beaucoup plus par l’action du boycott », lance-t-il. La crise que vit le MDS, enchaîne-t-il, a été amplifiée par l’interférence du pouvoir. « Si l’administration n’était pas intervenue, on n’en serait pas là », ajoute-t-il. M. Meliani se dit, par ailleurs, le représentant légitime du MDS. « Nous avons organisé un congrès et nous avons déposé notre dossier auprès du ministère de l’Intérieur, d’autant que le délai est passé et que ce dernier ne nous a transmis aucune réponse, nous sommes les représentants légitimes du MDS de fait », atteste-t-il. Madjid Makedhi